Helena Petrovna BLAVATSKY
Éléments biographiques

I - Les années d'aventure et de rencontres
rente Juillet 1831 du calendrier russe, à Ekaterinoslav, Ukraine. Le choléra faisait rage lorsque naquit Helena Petrovna Hahn, celle qui, plus tard, serait connue sous le nom de " Helena Blavatsky ".
Son baptême fut un jour bien peu " orthodoxe "... pour une descendante des Princes Dolgorouki car la flamme d'un cierge se communiqua à l'assistance et le Pope fut sauvé de justesse. Quel était ce présage ?
Devenue orpheline de mère, avec un père, capitaine d'artillerie au service du Tsar, Helena fut élevée par sa grand-mère. De 10 à 14 ans, elle s'avéra être un médium exceptionnel : les phénomènes étranges se multipliaient autour d'elle : coups frappés, déplacements d'objets, prévisions de la mort de visiteurs.
Sa sœur et sa tante attestèrent plus tard que la jeune fille avait fréquemment la vision d'un Indien qu'elle considérait comme son protecteur. Elle voyait en lui son sauveur, en deux circonstances où ses escapades de garçon manqué avaient mis sa vie en péril.
Petite fille du gouverneur d'Astrakan, la jeune Helena découvrit le Bouddhisme des Kalmouks[1]. L'adolescente dévora également les livres du muséum de l'immense datcha familiale de Saratov. La bibliothèque du prince Paul Dolgorouki, son arrière grand-père, la familiarisa avec les sujets occultes.


Helena adolescente
À dix-sept ans, Helena épousa - par bravade envers sa famille - le comte Blavatsky, de vingt deux ans plus âgé qu'elle. Ce fut pour fuir aussitôt son époux, en pleine lune de miel : une malformation génitale interdit à Helena tout rapport sexuel, ainsi qu'en témoigne un rapport médical. Elle quitta cet époux qu'elle repoussait pour se retrouver, âgée de 18 ans, libre de découvrir le monde.
D'une nature indomptable, n'ayant peur de rien, montant à cheval comme un cosaque, cette jeune aristocrate russe aux multiples relations, tant dans la noblesse russe que dans certains milieux ésotériques, sortit enfin de toute tutelle, familiale ou maritale.
La fugitive débarqua au Caire et y fit la rencontre d'un énigmatique Mage copte, Paulos Metamon, conseiller du Khédive[2]. Elle approcha une mystérieuse " Fraternité Hermétique de Louxor ". Avec ce genre de Loge, liée à la Franc-Maçonnerie Occultiste, sa famille entretenait déjà des liens attestés par d'anciens documents, dont une lettre autographe du Comte de Saint Germain. À l'ombre des pyramides et de temples antiques peuplés de charmeurs de serpents, le Mage copte lui apprit à maîtriser ses étonnants pouvoirs psychiques.
La jeune femme fit bientôt une autre rencontre, plus exceptionnelle encore. Ses propres témoignages à ce sujet restent marqués d'ambiguïté car son éternel souci fut, sa vie durant, de voiler, masquer, effacer, toute trace relative à Ceux qui seraient connus plus tard comme les " Mahatmas " et dont elle avait promis de préserver l'identité.
De fait, une première rencontre eut lieu à Londres avec le Mahatma Morya en juin 1850 ; elle avait alors 19 ans. Ce fut à l'occasion d'un voyage en Angleterre du Premier Ministre du Népal. Helena reconnut, accompagnant ce dernier et au sein de l'escorte officielle, le Maître. Celui-ci, la voyant dans la foule massée près du cortège et captant la reconnaissance qu'elle eut de sa personne, lui fit signe de rester coite et discrète. Silencieuse mais triste, elle vit le Maître passer. Le lendemain, se promenant à Hyde Park, perdue dans ses pensées, elle eut la surprise et la satisfaction de le revoir. Il l'attendait. Une autre rencontre eut lieu un an après, en août 1851, toujours à Londres. Les archives gardées à Adyar (Madras - Inde) montrent un petit livret de 26 pages, que la jeune fille possédait à l'époque pour dessiner à la plume les paysages de son choix. Sur ce carnet, elle écrivit, au dessous d'un dessin montrant un clair de lune à Ramsgate, qu'elle rencontra le " Maître de ses rêves ", celui qu'elle voyait, la nuit, enfant, en Russie. Helena, précisa bien plus tard à Mme Wachtmeister que Ramsgate était un " voile " jetée sur la rencontre car celle-ci eut lieu à Londres.
Illustration de la majesté des Princes Rajpoutes, le Mahatma Morya apparaîtra, à de rares témoins proches d'H.P.B. (surnom d'Helena Petrovna Blavatsky formé de la première lettre de son prénom, son nom patronymique et de son nom), comme un homme de très haute taille, d'une beauté et d'un charisme saisissants. Il lui promit que l'Inde secrète et le Tibet interdit lui ouvriraient leurs portes et lui proposa de participer à " son " travail dans le monde. Ce serait après bien des épreuves.
La première fut peut-être son épopée révolutionnaire : une nuit de 1860, à Constantinople, H.P.B. avait sauvé un individu poignardé par des " hommes de main " du Vatican. C'était Agardi Métrovitch, célèbre chanteur d'Opéra, membre aussi de la Société secrète des Carbonari, révolutionnaires engagés aux côtés de Garibaldi pour l'indépendance et l'unité de l'Italie. Helena fit cause commune avec son nouvel ami : sa propre recherche des vérités spirituelles et surnaturelles sera toujours liée à l'affranchissement de toute autorité religieuse, limitant l'expression de la Libre pensée.
En 1867, à trente-six ans, après qu'elle eut parcouru le monde et venant juste de quitter le Tibet, elle rejoignit l'entourage de Garibaldi et de ses fils, à la veille de l'engagement décisif des " chemises rouges " : l'attaque de Rome… C'était la tragique bataille de Mentana où Helena, fusil en main, combattit les troupes françaises et pontificales - qui écrasèrent les Garibaldiens. Elle tomba. Laissée pour morte, elle survécut à deux balles agrémentées d'un coup de sabre, sauvée in extremis par la Croix-Rouge[3].
Ainsi, de 1858 à 1871, bien des autres aventures se succédèrent au gré de sa quête des Traditions Occultes de tous les continents :
     Amérique du Nord (Côte Est et Far-West) et du sud (Pérou, d'où elle ramena le plan, jamais exploré depuis lors, de l'entrée présumée du trésor des Incas).
Le croquis de l'entrée des souterrains cachant le trésor des Incas dessiné par H.P.B.
(Document conservé aux archives de la Sosiété Théosophique à Adyar)
     l'Inde mythique des cavernes de Bagh[4] et de Karli[5], à travers le Rajpoutana des sages, des Rajahs et des fakirs. Elle visita les mystérieuses tribus de géants et de nains sorciers des Nillgiri Hills[6], ramenant un reportage étonnant, publié plus tard en Russie.
     Le Proche-Orient lui ouvrit les portes du monde secret des Druzes[7] et des cercles Soufis qui initièrent plus tard Gurdjieff. Elle y découvrit le contenu d'un mystérieux " Livre des Nombres Chaldéen ", qu'elle présenterait plus tard, dans son enseignement, comme le manuscrit original de la Kabbale.
Mais, pour l'essentiel, H.P.B. déclara avoir séjourné, pendant cette période, sept années au Tibet, alors terre interdite. Cela, 50 ans avant qu'Alexandra David-Neel n'y posât le pied (celle-ci, d'ailleurs ne souffla mot de sa devancière autrement que pour la présenter comme " un imposteur ", lors même qu'elle devint membre, par deux fois, de la " Société théosophique ", co-fondée par Helena Blavatsky !...).
Un document familial atteste la présence, en 1871, d'H.P.B. à Shigatsé, près du monastère-citadelle de Tashi Lhunpo, cœur du Bouddhisme réformé de la Tradition des " Bonnets Jaunes " (Gelugpa). Elle affirmera également avoir eu accès à la Tradition occulte immémoriale du Raja Yoga, auprès du maître des visions de son enfance, le Mahatma Morya, en différents lieux de l'Himalaya.
Ce fut aussi en 1868 qu'elle plaça la rencontre du Mahatma Kout Houmi, un Adepte d'origine cachemirienne, le futur auteur des " Lettres des Mahatmas ".
Si la question de l'identité des Instructeurs d'H.P.B. demeure à ce jour teintée de mystère cela tient essentiellement au fait que les " masques " employés par H.P.B. - seule source à leur sujet -, sont des " voiles " accumulés pour en éviter précisément toute identification et protéger la discrétion dont ils s'entouraient. Ces données ne permettent aucun recoupement fiable mais de simples conjectures, dans l'hypothèse, au demeurant très fragile et parfaitement gratuite, qu'il s'agirait de personnalités repérables dans l'histoire indo-tibétaine ou proche orientale. L'identité des Maîtres de Mme Blavatsky demeure donc une énigme, et le restera sans doute, malgré une tentative de M. Paul Johnson (voir " La thèse de Paul Johnson sur l'identification des Maîtres de H.P. Blavatsky ") à la méthode éminemment contestable.
D'après le contenu des œuvres de Mme Blavatsky, on peut inférer que l'Enseignement de ses Instructeurs touche aux mystères de l'Origine de l'Homme et du Cosmos, selon les Traditions les plus occultes du Bouddhisme Mahâyâna, ces Tantras secrets que la Tradition présente comme transmis oralement par le Bouddha depuis le " Royaume Spirituel de Shambhala " (Voir Authenticité des Sources de la Doctrine Secrète ").
Helena Blavatsky affirma toujours deux choses :
     que ses Instructeurs, Adeptes de " l'École Arhat[8] Transhimalayenne ", lui enseignèrent la véritable Maîtrise Spirituelle de ses propres pouvoirs psychiques ;
     qu'elle reçut d'eux sa mission : réformer la pensée spirituelle du siècle en révélant certains Enseignements cachés du Bouddhisme, " comme la Loi de la Fraternité himalayenne y oblige un de ses membres en chaque fin de siècle ".
________________________________________
[1] Les Kalmouks sont installés sur la rive occidentale du cours inférieur de la Volga dans la République autonome de Kalmoukie. Originaires de Mongolie occidentale, ils avaient émigré vers l'Ouest au cours de la première moitié du XVIIe siècle. Une partie des Kalmouks, dans les tourmentes du XXe siècle (Révolution et Guerre civile russes, deux Guerres mondiales), a poursuivi plus à l'Ouest sa migration (Turquie, Tchécoslovaquie, France, Etats unis...).
[2] Du turc " khediw " (roi, souverain), ce fût le titre porté par les vice-rois d'Égypte de 1867 à 1914. Ce premier voyage d'HPB en Égypte à lieu en 1848. Paulos Metatron ne conseillera le khédive Ismail Pacha (Isma'il ibn Ibrahim pacha ibn Mohamed 'Ali pacha) que bien plus tard, durant le règne de ce dernier de 1863 à 1879.
[3] Fondée 5 ans plus tôt, en 1863, par Henry Dunant…
[4] Grottes aménagées pour le culte bouddhique et décorées dans le style d'Ajanta (Site archéologique de Madhya Pradesh).
[5] Ou Karle, Karla - Site archéologique de Maharashtra, entre Bombay et Poona, le plus vaste et le plus bel exemple de sanctuaire bouddhique excavé de type caitya (environ 120 après J.-C.).
[6] La plus vieille chaîne montagneuse de l'Inde et la plus haute après l'Himalaya, située au sud du pays.
[7] Implantée aujourd'hui essentiellement au sud du Liban, au nord d'Israël et en Syrie sur le Golan, la communauté Druze est un groupe islamique né au Caire des chiites ismaélites dans le premier quart du XIe siècle. La doctrine des Druzes est secrète et comporte divers degrés d'initiation, mais ni liturgie, ni lieux de culte.
[8] Du sanscrit " Arahat " (celui qui est digne, celui qui a vaincu l'ennemi). L'Être qui a atteint cet état est arrivée à une telle perfection dans sa pratique qu'il ne dépend plus des illusions de la pensée et des désirs, il s'est libéré du Cycle des renaissances. Arhat est aussi synonyme de Bouddha : " Quand ils eurent vu le Tathâgata assis, les cinq ascètes l'appelèrent par son nom personnel, Gautama, mais le Bouddha leur dit : "N'appelez pas le Tathâgata par son nom personnel, car je suis maintenant Arhat, complètement et parfaitement Eveillé. La puissance surnaturelle du Tathâgata est immense, il est le Vainqueur suprême. Si donc vous appelez le Tathâgata par son nom personnel, pendant très longtemps vous subirez d'intenses douleurs ". (extrait du Vinya des Dharmaguptaka, traduction d'André Bareau, " En suivant Bouddha " - éd. Philippe Lebeau, Paris, 1985, p. 64-65)
    
     
Témoignages sur H.P.B
n ouvrage remarquable parut à Londres, en 1891, intitulé " H.P.B. - À la mémoire d'Helena Petrovna Blavatsky par quelques un de ses élèves ". Il contient le témoignage de nombreuses personnes qui, ayant vécu de longs moments auprès d' Helena Blavatsky, purent savoir vraiment qui elle était et comprendre un peu le mystère qui émanait de sa personne. Cet ouvrage a été réédité en 1991, à l'occasion du Centenaire de la mort de la Fondatrice de la Société Théosophique[1]. Il n'est, malheureusement, pas traduit en Français.
Nous avons, cependant, deux livres écrits par des témoins proches de la vie d'H.P.B. : celui de A. P. Sinnet (" La Vie extraordinaire de Madame Blavatsky " - Éditions Adyar) et celui de Constance Wachtmeister (" La Doctrine Secrète et Madame Blavatsky " - Ed. Adyar). Tous deux sont traduits en français.


La Comtesse Constance Wachtmeister
(1838 - 1910)
C. Wachtmeister partagea les dernières années de la vie de l'Occultiste russe notamment lorsqu'elle écrivit son chef d'épreuve, " La Doctrine Secrète ". Son ouvrage de C. Wachmeister a été publié en Angleterre en 1893, deux ans après la mort de Madame Blavatsky.
Elle fut le témoin constant des " phénomènes " occultes qui ont entouré la vie de Madame Blavatsky en général et l'écriture de cet ouvrage, en particulier. Son récit revêt donc un caractère précieux car il nous permet non seulement de comprendre l'action des Mahatmas dans cette entreprise de divulgation de la Sagesse Occulte mais aussi de pénétrer la vie intime d'H.P. Blavatsky, saisir ses réflexions et surtout son grand cœur.
Voici ce qu'en dit Constance Wachtmeister  :
" Ce serait une tâche difficile que de donner une relation complète et détaillée de tout ce qui se passa pendant la préparation de ce remarquable ouvrage, car il ne faut pas oublier que " H.P.B. ", [surnom d'Helena Petrovna Blavatsky formé de la première lettre de son prénom, son nom patronymique et de son nom] ainsi qu'elle l'a souvent déclaré elle-même, ne fut que la compilatrice de ce travail. Derrière elle se trouvaient les vrais instructeurs, les Gardiens de la Sagesse Cachée des Âges, qui lui enseignèrent toute la Science Occulte qu'elle transmit ensuite dans ses écrits. "
" Son mérite consista, en partie, à être capable d'assimiler les connaissances transcendantes qui lui furent révélées et à être un précieux messager de ses Maîtres ; d'autre part, à être merveilleusement apte à mettre l'abstruse métaphysique orientale sous une forme intelligible aux Occidentaux, en procédant à des vérifications et en faisant des comparaison entre la Sagesse Orientale et la Science Occidentale. "
" Je désire communique au lecteur tout ce que je sais des difficultés et des désespoirs qui l'assaillirent au cours de son travail. La mauvaise santé, la vie errante, l'entourage défavorable, le manque de matériaux, la défection de faux amis, les attaques ennemis, furent des obstacles qui entravèrent son travail.... ".
Il est patent que l'auteur de la " Doctrine Secrète " souffrit beaucoup, surtout dans les dernières années de sa vie, en ayant à assumer la rédaction de cette œuvre dans des conditions épouvantables, tant au plan moral (le discrédit, les accusations monstrueuses qui s'abattirent sur elle, la défection de ceux qu'elles croyaient fidèles...) qu'au plan physique et matériel (impécuniosité, santé plus que déficiente).
Un témoignage extraordinaire est livré dans cet ouvrage ; c'est une lettre que reçut la Comtesse Wachtmeister, après le décès d'H.P. Blavatsky, par un homme qui ne voulut pas que soit rendue publique son identité ; aussi la Comtesse veilla-t-elle à satisfaire ce désir de discrétion en ne mentionnant que les initiales : R. S... Et à ce jour, jamais cette identité n'a été révélée.
A elle seule, cette lettre donne une idée, faible encore peut-être, de qui, derrière l'humour, l'emportement, l'apparente démesure de son caractère, était réellement Madame Blavatsky.
Elle est reproduite en grande partie, ci-après, et sera la clôture à la présentation au public de cette fin de siècle de celle qui fut l'Émissaire des Maîtres de la Sagesse.
Lettre privée signée R.S.
reçue entre 1891 et 1893
par la Comtesse Wachtmeister
" Chère Comtesse Wachtmeister, "
" Puisque vous préparez un livre sur la manière dont H.P.B. écrivit " La Doctrine Secrète ", vous pourriez peut-être y joindre un aperçu de sa méthode d'enseignement personnel pour ses élèves résidant au loin. "
" Personne jusqu'ici n'a écrit sur ce sujet, et moi-même je ne pourrais pas le faire si mon nom devait être mêlé à ce récit. Cependant, je pense que vous et beaucoup d'autres accepterez mes déclarations, étant donné surtout que vous avez eu la preuve que c'est bien ainsi que je reçus mon enseignement, comme sans doute le reçurent d'autres personnes dont aucune d'ailleurs n'est connue de moi [...] "
" Vivant à quelques milliers de milles de l'Angleterre, je n'ai jamais rencontré Madame Blavatsky en personne. Il y a maintenant sept ans que pour la première fois j'entendis parler d'elle et de la " Théosophie ". Comme beaucoup d'autres personnes de ma connaissance, ce fut en parcourant la brochure de la Société de recherches Psychiques qui dénonçait H.P.B. comme une simulatrice et assurait que la calomnie Hodgson-Coulomb était l'expression de la vérité. [...] Je n'ai pas l'habitude de juger les gens sur quelques actes particuliers mais sur le résultat de tout leur enseignement ou de toute leur vie. H.P.B. elle-même écrivait vers cette époque : " Suivez le Sentier que je montre et les Maîtres qui sont derrière ; ne suivez ni moi, ni mon Sentier. "
" J'interprétai d'abord cette phrase comme indiquant qu'il en était pour elle comme pour les autres humains communément exposés à ne pas appliquer dans leur vie les vérités qu'ils enseignent et qu'ils seraient heureux d'atteindre. Par suite, j'étais enclin à appliquer à Madame Blavatsky, le courageux Messager, cet indulgent jugement dont nous demandons le bénéfice pour nous-mêmes en pareil cas. "
" Bientôt cependant, je commençai à me rendre compte par ma propre expérience qu'elle n'était pas ce qu'elle semblait être. Sur ce point je n'insisterai pas si ce n'est pour dire que la conviction que j'acquis m'amena à demander à H.P.B. de m'instruire ; et le fait que j'eus pleinement confiance et que je crus en elle fut précisément ce qui me valut la réalisation de mon désir. L'esprit de foi développe dans notre aura et dans nos corps subtils des états magnétiques et très attractifs très différents des états de contraction et de lourdeur que provoque l'esprit critique et de doute. Une véritable accélération vibratoire de mon aura et de mes corps subtils se manifesta et celle de mon aura était perçue même par des personnes à qui mes pensées et mes attaches théosophiques étaient complètement inconnues. [...] "
" La situation était alors celle-ci. J'habitais à une grande distance de Madame Blavatsky et elle mourut avant que je l'aie rencontrée. Je n'étais pas et je ne devins jamais un " psychique " dans le sens où ce mot est habituellement employé. Je n'ai aucun désir de posséder " des pouvoirs " et ne suis jamais demeuré en état de " méditation " ou de " concentration ". [...] Je n'étais et ne suis pas végétarien. Je n'ai fait aucun vœu d'ascétisme. Je n'ai jamais fait dans ma vie d'expériences " psychiques "...
" Quand H.P.B. m'eut accepté comme élève, aucune règle ne fut établie, aucun plan ne fut dressé. Je continuai à me livrer à mes occupations journalières et la nuit, lorsque j'étais plongé dans un profond sommeil, une vie nouvelle commençait. Le matin, en sortant d'un sommeil si profond que je conservais encore la position de la nuit, je me rappelais très nettement que j'étais allé auprès de H.P.B. et il en avait été ainsi. J'avais été reçu dans des chambres dont je pouvais donner la description - ainsi que je le fis d'ailleurs - à ceux qui vivaient avec elle, signalant même les endroits usés ou troués des tapis. A la première rencontre de ce genre, elle me fit savoir qu'elle m'acceptait comme élève et pas autrement. Après cela elle me reçut d'une autre façon, me montrant des images qui passaient comme des panoramas sur les murs de la chambre. "
" Il y en a bien peu que je pourrais décrire avec des mots car ces apparitions comportaient simultanément : mouvement, vibration, formation d'un monde sortant du premier noyau, " Esprit se matérialisant " dans une forme, mouvement devenant conscience et se précipitant dans mon cerveau comme l'image d'un fait ou d'une vérité. [...] Beaucoup d'autres choses, que je ne peux indiquer, me furent enseignées, telles que des événements à venir - qui sont actuellement en cours de réalisation - et des faits encore inconnus relatifs à la vie d'autres personnes de la S.T. "
" D'autres fois, mais plus rarement, je me réveillais et voyais H.P.B. debout au pied de mon lit et, tandis que je me redressais en m'appuyant sur le coude, son langage par signes commençait. Les harmonies de la Nature remplissaient la chambre éclairée par la lune pendant que les merveilleuses images passaient sur le mur. Tout cela m'était parfaitement objectif. J'étais pleinement conscient de tout ce qui m'entourait, de tous les bruits naturels de la nuit [...] Toutes les expressions du visage d'H.P.B. m'étaient devenues familières. Je la revois encore enveloppée dans sa vieille robe de chambre - quelle vieille robe jamais tant chérie ? - ouvrant l'espace devant moi et se montrant alors dans l'expansion de son être réel. "
" J'ai à peine une demi-douzaine de lettres d'elle et ces lettres ne contiennent aucun enseignement ; elles ont trait aux affaires extérieures de la Théosophie et n'ont rien que cette particularité. [...] "
" Il y a des personnes qui espèrent nous faire croire que H.P.B. n'était rien de plus qu'un chéla (disciple) finalement rejeté. Mais actuellement les choses qu'elle a prédites continuent à se réaliser avec exactitude, même celles qui nous éprouvent, même certains événements auxquels H.P.B. nous avait préparés en nous avertissant à l'avance. Aussi, tout le tapage et tout le bavardage, l'agitation et les révélations, nous laissent-ils froids et les apôtres d'un enseignement révisé montrent qu'ils ignorent ce qu'elle a donné comme directives - directives qu'ils ne savent pas trouver. La preuve sans cesse renouvelée, la preuve toujours vivante, nous l'avons [...] "


Rudolf Steiner (1861-1925)
" Peu de jours après sa mort, Madame Blavatsky m'éveilla la nuit. Je me levai, n'éprouvant aucune surprise mais seulement le doux plaisir habituel. Elle fixa mes yeux de son regard léonin. Alors elle devint plus mince, plus grande et sa forme prit un aspect masculin ; puis, lentement, ses traits changèrent jusqu'à ce que j'eusse devant moi un homme de haute stature et plein de force. Les derniers traits de H.P.B. se confondirent avec ceux de l'homme et il ne subsista plus que le regard léonin avec le rayonnement pénétrant de ses éclairs. L'homme leva la tête et dit : " Témoignez ! ", puis il sortit de la chambre, posant, en passant, la main sur le portrait de H.P.B. Depuis cette époque, il est venu me voir plusieurs fois pour m'apporter des instructions - en plein jour - pendant que je travaillais activement ; et une fois il sortit d'un portrait de H.P.B. " [...]
" Voilà quel était, dans les nuits harmonieuses, l'Enseignement de H.P.B. qui écrivait : " Mes jours sont mes Pralayas et mes nuits mes Manvantaras ".
" Bénis vraiment sont ceux qui ont participé à ses Manvantaras et qui n'ont pas vu et cependant ont cru ".
R.S.[2]
________________________________________
[1] Reédition par " The Theosophical Publishing House " - 12 Bury Place  -  London WCIA 2LE (Royaume-Uni).
[2] Rudolf Steiner (1861-1925) avait 25 ans lorsqu'il entendit parler pour la première fois d'H.P. Blavatsky en 1886.
    
     
Les Maîtres et H.P. Blavatsky
i la question de l'identité des Instructeurs d'H.P.B. demeure à ce jour teintée de mystère cela tient essentiellement au fait que les " masques " employés par H.P.B. - seule source à leur sujet -, sont des " voiles " accumulés pour en éviter précisément toute identification et protéger la discrétion dont Ils s'entouraient. Ces données ne permettent aucun recoupement fiable mais de simples conjectures, dans l'hypothèse, au demeurant très fragile et parfaitement gratuite, qu'il s'agirait de personnalités repérables dans l'histoire indo-tibétaine ou proche orientale. L'identité - mais non pas l'existence - des " Maîtres de Mme Blavatsky " demeure donc une énigme, et le restera peut-être. (Voir " Les Maîtres de Sagesse ")
Pour ce qui nous concerne ici, il nous faut comprendre les rapports que les Maîtres entretinrent avec H.P. Blavatsky et ce qu'Ils voulurent d'elle.
1 - Rapports entre les Maîtres et H.P. Blavatsky
A) - Il semble que ce fût d'abord des rapports de " protection ".
Dès la tendre enfance d'H.P.B., les proches de celle-ci furent surpris par l'étrange protection qui semblait entourer leur parente qui, n'ayant peur de rien, battant champs et campagne en vrai garçon manqué, montant à cheval comme un cosaque, se trouvait souvent dans des situations très dangereuses. Les témoignages de sa sœur et d'autres membres de sa famille sur cette enfance et adolescence hors normes ont été fidèlement reproduits par A.P. Sinnett dans " La Vie extraordinaire d'Helena P. Blavastky " (Ed. Adyar).
Sauvée mystérieusement d'une ruade de cheval lancé au galop, la jeune fille baignait constamment dans une atmosphère où " l'irréel ", " l'immatériel " se mêlait sensiblement au vécu de l'existence concrète. Elle voyagea beaucoup, on le sait, et dans des conditions peu opportunes pour une femme... mais la " protection " la suivait toujours : " C'est ainsi que d'une façon ou d'une autre elle parvint toujours à s'en tirer sans dommages... ". (Cf. op.cit p. 45).
En réalité, que ce fût dans sa tendre enfance ou dans son adolescence en Russie, ou plus tard au milieu des cercles magiques de Vaudou à la Nouvelle-Orléans, ou alors, sur les routes d'Égypte ou d'Asie, elle sentait et voyait Celui dont émanait cette Auguste Protection : " Elle avait la vision d'un protecteur âgée [qui lui paraissait âgé car elle était encore un petit enfant] dont l'aspect imposant dominait son imagination. Le protecteur était toujours le même, ses traits ne changeaient jamais ; plus tard elle le rencontra dans son corps physique et le reconnut comme si elle avait été élevée en sa présence ". (Cf. op.cit p. 33).
B) - La rencontre et des rapports " d'instruction "
H.P. Blavatsky s'est tellement acharné à voiler tout ce qui pouvait donner à quiconque une piste sur ses relations avec les Maîtres que même la première rencontre avec le Mahatma Morya est difficile à situer. Elle semble mélanger sciemment deux rencontres en en faisant qu'une : celle de juin 1850 et celle d'août 1851 (Voir " Éléments biographiques " et " H.P. Blavatsky ou la Réponse du Sphinx " de N.R. Nafarre ")
Quoi qu'il en fût, la rencontre, dans un corps physique et non plus en perception subtile, eut lieu à Londres.
Par la suite elle rentra en contact avec d'autres Adeptes, tels Hillarion Smerdis, un Grec de Crête, Sérapis ; Ceux-ci oeuvraient la Grande Loge Blanche, dans la Section Égyptienne de celle-ci ; elle accomplit pour elle de nombreuses missions. Ces Adeptes ont laissé de nombreuses lettres qui révèlent les rapports qu'Ils entretenaient avec H.P.B ; puis avec le Colonel Olcott. (Cf. Lettres des Maîtres de la Sagesse - Édit. Adyar - 2 tomes).
Puis, elle rencontra Celui Qui allait devenir " le 2e Instructeur de la Théosophie ", le Mahatma Kout Houmi (K.H.).
Elle-même précisa : " Il existe dans l'Himalaya un noyau d'Adeptes de différentes nationalités ; le Tashi Lama (Panchèn] les connaît et ils agissent de concert… Mon Maître [Morya] et K. H. comme plusieurs autres, que je connais personnellement, vont et viennent à cet endroit ". (Propos de H.P.B. dans la préface de l'édition chinoise de " La Voix du Silence " -1927).
H.P.B. reçut un Enseignement Occulte directement des Mahatmas ; à ce sujet elle dit " Je n'ai jamais non plus reçu d'instruction " sous le toit " des moines.… J'aurais pu vivre dans une Lamaserie masculine, comme le font des milliers de laïcs, hommes et femmes ; et j'aurais pu avoir reçu là mon instruction... Mais je n'ai jamais rien prétendu de tel, et cela pour la simple raison qu'aucun des Mahatmas dont les noms sont connus en Occident ne sont des moines… ".
 
2 - Ce qu'Ils voulurent d'elle
Voir : Les Maîtres orientaux, et la Formation de la Société Théosophique
Magie et Théosophie
" Elle [Helena Blavatsky] traversa des expériences
d'une extraordinaire variété dans le domaine
de la "Magie" ou de l'Occultisme. "
La Doctrine Secrète
Préface - Vol I- page XVIII
    
Sceau personnel
de Madame Blavatsky
ette page répond à la nécessité de lever le voile, voire l'opprobre, que jettent de nos jours sur la Magie certains étudiants de la Théosophie. Ils oublient, ou veulent oublier, ce qu'Helena Petrovna Blavatsky, Fondatrice de la Société Théosophique, a écrit tout au long de ses ouvrages et ce qui se pratiquait dans le  Cercle Ésotérique de cette même Société.
En cela, ils sont suivis par les Officiers et Membres de certains Ordres Initiatiques qui oublient que la Tradition que ceux-ci divulguent s'est fondée non seulement sur un Enseignement théorique mais aussi sur la diffusion, même restreinte et discrète, de la Pratique, c'est-à-dire de la mise en application des Lois Universelles sur soi-même et son environnement aux fins d'opérer des changements conséquents et légitimes dans la vie et de promouvoir l'Évolution Spirituelle. Quelques uns même, parmi ces Ordres, semblent ignorer que Celui qu'ils considèrent comme leur Hiérophante est Celui-là même qui fut l'Un des Instructeurs de la Résurgence de la Théosophie à la fin du XIXe siècle : le Mahatma Kout Houmi.
Nous nous contenterons de citer simplement Helena Blavatsky, ses propos étant suffisamment significatifs par eux-mêmes.[1]
________________________________________
[1] Nous n'avons mentionné ici la totalité des phrases où figurent les mots " magie " et " théurgie " ; ces Chapitres aurait eu alors un nombre de pages trop conséquent…
    
     
Extraits d'ISIS DÉVOILÉE
Édition Adyar 1992 - Volume 1 - Science - 1ère Partie [1]

ous ne croyons pas en une magie qui dépasse la portée de l'intelligence humaine, ni au " miracle ", qu'il soit divin ou diabolique, s'il implique une transgression des lois de la nature existant de toute éternité. " (Page 7).
     " Aéthrobatie est le mot grec qui désigne le fait d'être soulevé ou de se mouvoir dans l'air; ce que les spirites modernes nomment lévitation. Elle peut être consciente ou inconsciente. Dans le premier cas, c'est de la magie ; dans le second, c'est le résultat d'une maladie ou d'un pouvoir qui nécessite quelques mots d'explication. " (Page 28).

     " "La Magie", dit-il [Paracelse][2] encore, "est la Philosophie de l'Alchimie". Tout ce qui appartient au monde spirituel doit nous venir par l'intermédiaire des étoiles et si nous sommes en bonne amitié avec elles, nous arriverons à produire les effets magiques les plus grands. " (Page 32).
     " La lumière astrale seule, principal facteur en Magie, peut nous dévoiler tous les secrets de la nature. La lumière astrale est identique à l'Akasa des Hindous, terme que nous allons maintenant expliquer. " (Page 32)
     " L'Akasa est l'agent indispensable de toute Kritya (opération magique) soit religieuse, soit profane. L'expression brahmanique, Brahma jinvati, 'Susciter le Brahma' signifie : éveiller le pouvoir qui se trouve latent au fond de toute opération magique de cette nature, car les sacrifices védiques ne sont que de la Magie Cérémonielle. Ce pouvoir est l'Akasa ou électricité occulte ; c'est aussi dans un certain sens l'Alkahest des alchimistes ou le dissolvant universel, la même Anima Mundi que la lumière astrale. Au moment du sacrifice, cette dernière s'imprègne de l'esprit de Brahma, et devient ainsi, momentanément, Brahma lui-même. C'est évidemment là l'origine du dogme chrétien de la transubstantiation. Quant aux effets les plus généraux de l'Akasa, l'auteur d'un des ouvrages les plus modernes sur la philosophie occulte (l'Art magique), donne pour la première fois une explication très intelligente et intéressante de l'Akasa dans ses rapports avec les phénomènes attribués à son influence par les fakirs et les lamas.  (Page 33).
     " Mage - De Mag ou Maha. Ce mot est la racine du mot Magicien. Dans les temps pré-védiques, Maha-âtma (la grande Âme ou Esprit), dans l'Inde, eut ses prêtres. Les Mages étaient les prêtres du dieu du feu. Nous les trouvons parmi les Assyriens et les Babyloniens aussi bien que chez les Perses, adorateurs du feu. Les trois Mages, nommés aussi Rois, que l'on dit avoir fait des présents d'or, d'encens et de myrrhe à l'enfant Jésus, étaient comme les autres des adorateurs du feu et astrologues, car ils virent son étoile. Le grand-prêtre des Parsis, à Sourat, est appelé Mobed. Certains auteurs font dériver le mot " mage " de Megh; Meh-ab veut dire quelque chose de grand, de noble." (Page 41).
     " L'École de Jamblique[3] était distincte de celle de Plotin et de Porphyre[4], qui étaient très hostiles à la Magie Cérémonielle et à la Théurgie Pratique qu'ils tenaient pour dangereuses, quoique ces deux hommes éminents crussent fermement en elles. La Magie théurgique ou bienveillante, et la Goëtique ou nécromancie noire et mauvaise eurent la même réputation prédominante durant le premier siècle de l'ère chrétienne. Mais jamais aucun des philosophes pieux et de haute moralité, dont la renommée est venue jusqu'à nous, pure de tout reproche, n'a pratiqué d'autre genre de magie que la théurgique ou bienveillante ainsi que la désigne Bulwer-Lytton. "Quiconque est bien instruit sur la nature des apparences divinement lumineuses (???????) connaît aussi pourquoi il est ordonné de s'abstenir de tout volatile (nourriture animale), et cela spécialement à ceux qui ont hâte d'être délivrés des rapports terrestres et d'être mis en relations avec les dieux célestes", dit Porphyre. "
     " Tout en refusant de pratiquer lui-même la Théurgie, Porphyre, dans sa Vie de Plotin, parle d'un prêtre d'Égypte qui, "à la requête d'un certain ami de Plotin (lequel ami pourrait bien être Porphyre lui-même, remarque Taylor), fit apparaître à Plotin, dans le temple d'Isis à Rome, le Daimon familier, ou, en langage moderne, l'Ange gardien de ce philosophe" ".
     " L'idée populaire qui a prévalu était que les Théurgistes, aussi bien que les Magiciens, opéraient des prodiges tels qu'évoquer les âmes ou ombres des héros et des dieux, et faisaient d'autres actes de Thaumaturgie, grâce à des pouvoirs surnaturels. " (Page 51).
     " Maimonides[5], le grand théologien et historien Juif qui, à une certaine époque, fut presque déifié par ses concitoyens - et plus tard traité comme un hérétique - remarque que plus le texte du Talmud paraît absurde et vide de sens et plus sa signification secrète est sublime. Ce savant a victorieusement démontré que la Magie Chaldéenne, la Science de Moïse et des autres Thaumaturges érudits étaient, toutes fondées sur une connaissance étendue de diverses branches, maintenant oubliées, de la Science Naturelle. "
     " Parfaitement au fait des ressources des règnes végétal, animal et minéral, experts en chimie et en physique occultes, psychologues aussi bien que physiologistes, pourquoi s'étonner si les diplômés et les adeptes, instruits dans les sanctuaires mystérieux de temple, pouvaient opérer des merveilles qui, même de nos jours, paraîtraient surnaturelles ? C'est une insulte à la nature humaine que de flétrir la Magie et les Sciences Occultes du nom d'impostures. Croire que pendant tant de milliers d'années une moitié du genre humain a pratiqué le mensonge et la fraude sur l'autre moitié équivaut à dire que la race humaine est presque exclusivement composée de filous et d'idiots incurables. Or, quel est le pays où la Magie n'ait pas été pratiquée ? À quelle époque fut-elle entièrement oubliée ? "
     " Dans les documents les plus anciens que nous possédons aujourd'hui, les Védas, et les Lois de Manou plus anciennes encore, nous trouvons beaucoup de rites magiques pratiqués et autorisés par les Brahmanes. Le Tibet, le Japon et la Chine enseignent aujourd'hui ce qu'enseignaient les Chaldéens dès la plus haute Antiquité. Le clergé de ces contrées donne en outre la preuve de ce qu'il enseigne, c'est-à-dire que la pratique de la pureté morale et physique, celle de certaines austérités, développent la puissance vitale de l'âme pour sa propre illumination. En permettant à l'homme de se rendre maître de son Esprit Immortel, cela lui donne les vrais pouvoirs magiques sur les esprits élémentaires qui lui sont inférieurs. "
     " En Occident, nous voyons que la Magie remonte à une antiquité aussi reculée qu'en Orient. Les Druides de la Grande-Bretagne la pratiquaient dans les cryptes silencieuses de leurs grottes profondes : Pline[6] consacre plusieurs chapitres à la " sagesse " des chefs celtes. Les Druides des Gaules exposaient les sciences spirituelles comme les sciences physiques. Ils enseignaient les secrets de l'univers, la marche harmonieuse des corps célestes, la formation de la terre et, surtout, l'immortalité de l'âme. Dans leurs retraites sacrées, académies naturelles, construites par la main de l'Architecte Invisible, les Initiés s'assemblaient, à l'heure tranquille de minuit, pour apprendre ce que l'homme fut et ce qu'il deviendra. Ils n'avaient nul besoin d'illumination artificielle, de gaz malsain, pour éclairer leurs temples, car la chaste déesse de la nuit projetait ses rayons les plus argentés sur leurs têtes couronnées de feuilles de chêne et les bardes, vêtus de blanc, savaient comment converser avec la reine solitaire de la voûte étoilée ." (Pages 74-75).
     " La Magie est aussi ancienne que l'homme. Il est aussi impossible d'indiquer l'époque de ses débuts que de fixer le jour où le premier homme lui-même vint au monde. Chaque fois qu'un écrivain a voulu rattacher son apparition dans un pays à quelque personnage historique, les recherches ultérieures sont venues le contredire. Odin, le Prêtre et Monarque scandinave a passé, auprès de beaucoup, pour avoir inauguré les pratiques de la magie, soixante-dix ans environ avant J.-C. Mais on a aisément démontré que les rites mystérieux des Prêtresses nommées Voïlers, Valas, étaient de beaucoup antérieures à cette époque. […] Les plus grands professeurs de Théologie s'accordent pour reconnaître que tous les livres anciens furent écrits symboliquement et dans un langage intelligible aux seuls Initiés. L'esquisse biographique d'Appolonius de Tyane[7] nous en fournit un exemple. Comme tout cabaliste le sait, elle embrasse l'ensemble de la Philosophie Hermétique et forme, à bien des points de vue, la contrepartie des Traditions que nous a laissées le Roi Salomon. " (Pages 75-76).
     " Eberhart et plusieurs autres écrivains allemands du dernier siècle et du nôtre traitent fort irrévérencieusement la Magie et la croient issue du mythe Platonicien du Timée. (Berliner monatschrift.) Mais comment, sans la connaissance des Mystères, aurait-il été possible à ces hommes ou à toute autre personne de découvrir la moitié ésotérique de ce qui se cache derrière le Voile d'Isis et n'est visible qu'aux seuls Adeptes ? Il leur aurait fallu le don subtil d'intuition d'un Champollion. " (Pages 81).
     " La Magie était considérée comme une Science Divine qui permettait de participer aux Attributs de la Divinité elle-même.'Elle dévoile les opérations de la nature', dit Philon le Juif, 'et conduit à la contemplation des puissances célestes'. Plus tard, elle dégénéra en sorcellerie par l'abus qu'on en fit et devint alors un objet d'exécration universelle. C'est pourquoi il nous faut l'envisager telle qu'elle existait dans les temps reculés où toute vraie Religion était fondée sur la connaissance des forces occultes de la nature. Ce n'est point la classe sacerdotale, dans la Perse ancienne, qui institua la magie, comme on le croit communément : mais ce furent les mages qui en tirèrent leur nom. Les Mobeds, prêtres des Parsis - les anciens Guèbres - sont qualifiés encore aujourd'hui de Magoï dans le dialecte des Pehlvis. La Magie apparut dans le monde avec les premières races d'hommes. " (Pages 82).
     En parlant des divers Ordres de Chevalerie modernes : " Mais ce ne sont que de vains mots tant qu'ils négligent leur mère, la Magie, et qu'ils tournent le dos à son frère jumeau, le Spiritualisme. " (Pages 87).
     " Combien est juste l'opinion de Hargrave Jennings[8] quand il parle des Pyramides et combien vraies sont ses paroles quand il demande : 'Est-il raisonnable de croire que ces myriades d'hommes des bords du Nil [les anciens Égyptiens] étaient des fous travaillant dans les ténèbres, que toute la Magie de leurs grands hommes était une tromperie et, enfin, que nous, en méprisant ce que nous appelons leur superstition et leur puissance gaspillée, nous seuls soyons sages ? Non, il y a probablement bien plus dans ces vieilles Religions que dans l'audace de nos dénégations modernes…' "[9] (Pages 93).
     " Ainsi, une force, dont la puissance secrète était absolument familière aux Théurgistes de l'Antiquité, est niée par les sceptiques modernes. Les enfants antédiluviens qui jouaient probablement avec elle, comme les enfants que Bulwer Lytton[10] fait jouer avec le terrible vril, dans son livre The Coming Race, l'appelaient "l'Eau de Phtha" ; leurs descendants l'appelèrent Anima Mundi, l'Âme de l'Univers et, plus tard, les Hermétistes du Moyen-Âge lui donnèrent le nom de "Lumière sidérale", de "Lait de la Vierge Céleste", de "Grand Aimant", et d'autres noms encore. Mais nos lettrés modernes ne veulent ni l'accepter ni la reconnaître sous ces diverses désignations, car elle appartient à la Magie et la Magie, à leur sens, est une pitoyable superstition. " (Pages 126).
     " Ce ne fut certainement pas leur faute si les masses ignorantes, sous l'influence d'un clergé fanatique et sans scrupules, attribuaient ces faits [les phénomènes dits surnaturels] à l'intervention du diable. En présence des tortures atroces infligées par l'Inquisition à tous ceux qui étaient soupçonnés de pratiquer la Magie noire ou la Magie blanche, il ne faut pas s'étonner que ces Philosophes [Hermétistes, Astrologues, Alchimistes, etc. ] ne se soient jamais vantés d'une telle intervention et même ne l'aient jamais reconnue. " (Pages 128).
     " Baptiste Porta[11], dans son traité sur la Magie Naturelle, cite tout un catalogue de formules secrètes pour produire des effets extraordinaires au moyen des forces occultes de la nature. Les Magiciens croyaient aussi fermement que nos spirites, au monde des esprits invisibles ; cependant, aucun d'eux n'a jamais prétendu produire ses phénomènes sous leur contrôle et avec leur seul concours. Ils savaient trop combien il est difficile de tenir à l'écart les êtres élémentaires lorsqu'ils ont une fois trouvé la porte ouverte. "
     " Même la Magie des anciens Chaldéens se résumait en la connaissance des plantes et des minéraux. Lorsque les Théurgistes avaient besoin de l'aide divine dans les choses spirituelles et terrestres, c'est alors seulement qu'ils cherchaient la communication directe au moyen des rites religieux, avec de purs êtres spirituels. Pour eux aussi, les esprits qui restent invisibles et communiquent avec les mortels au moyen de leurs sens internes réveillés - comme dans la clairvoyance, la clair audience et la transe - ne pouvaient être évoqués subjectivement et par la pureté de la vie et la prière. "
     " Mais tous les phénomènes physiques étaient produits simplement en usant de la connaissance des forces naturelles : rien de commun, certainement, avec les tours de passe-passe des escamoteurs d'aujourd'hui. " (Pages 128-129).
     " Toutes les fois que l'on discute de Magie, celle de l'Inde se présente rarement à l'esprit ; c'est que sa pratique générale, dans ce pays, est moins connue que celle de tous les autres peuples de l'Antiquité. "
     " Chez les hindous, elle était et elle est encore plus ésotérique, si possible, qu'elle ne l'avait été même parmi les prêtres Égyptiens. On la tenait pour si sacrée que son existence n'était qu'à moitié admise et on n'y recourait publiquement qu'à l'occasion de grandes circonstances. C'était plus qu'une affaire religieuse, car on la tenait pour divine. [….] "
     " En dépit du blâme que l'Histoire fait peser sur tous ceux qui ont pratiqué la Magie ou la Divination, elle reconnaît que les secrets les plus importants de la médecine étaient en leur possession et que leur habilité pratique était sans égale. Nombreux sont les ouvrages conservés dans les monastères Hindous où sont consignées les preuves de leur savoir ".
     " Savoir si les gymnosophes ont fondé réellement la Magie dans l'Inde ou s'ils ont seulement mis à profit l'héritage des plus anciens Rishis, les sept sages primitifs, serait considéré par les érudits, amoureux de précision, comme une vaine spéculation. […] Ils avaient sondé la nature jusque dans ses profondeurs, la psychologie et la physiologie étaient pour eux livres ouverts et ils avaient de la sorte conquis cette Science ou "machagiotia" que l'on nomme aujourd'hui, si dédaigneusement, la Magie. " (Pages 155-156).
     " D'accord avec les Platoniciens d'Alexandrie et les Cabalistes d'une époque plus récente, Bruno[12] estimait que Jésus était un Magicien dans le sens attribué à ce mot par Porphyre et Cicéron qui l'appelle Divina Sapientia (Sagesse divine) et par Philon le Juif qui décrivait les Mages comme de merveilleux investigateurs des mystères cachés de la nature. Il n'était pas question du sens avili que notre siècle donne au mot "Magie". Suivant sa noble conception, les Mages étaient de Saints hommes qui, s'isolant de toute autre préoccupation terrestre, contemplaient les Vertus Divines, comprenaient plus clairement la Divine Nature des Dieux et des Esprits. C'est ainsi qu'ils initiaient les autres aux mêmes Mystères qui ont pour but de conserver, sans interruption pendant la vie, des relations avec ces êtres invisibles. " (Pages 160 161).
     " Le magnétisme est la branche la plus importante de la Magie. Ses phénomènes sont les effets de l'agent universel sous-jacent à toute Magie et qui, à toutes les époques, a produit les prétendus miracles. " (Page 198).
    " Van Helmont et Paracelse s'accordent sur la grande puissance de la volonté, dans l'état d'extase ; ils disent que 'l'Esprit est répandu partout ; et que l'Esprit est le milieu du magnétisme' ; que la primitive Magie pure ne consiste pas en pratiques superstitieuses ni en vaines cérémonies, mais dans l'impériale volonté de l'homme. " (Page 242).
     " Baptista Porta, le savant philosophe italien, malgré ses efforts pour prouver au monde la fausseté de ses accusations que la Magie n'est que superstition ou sorcellerie, n'a pas été mieux traité que ses collègues, par les critiques ultérieures. Ce célèbre Alchimiste a laissé un ouvrage sur la Magie Naturelle, dans lequel il base tous les phénomènes occultes possibles, pour l'homme, sur l'Âme du Monde, qui relie toutes choses entre elles. Il montre que la lumière astrale agit en harmonie et sympathie avec la nature entière ; que c'est de son essence que nos esprits sont formés ; et que c'est en agissant à l'unisson avec leur Source-Mère, que nos corps sidéraux sont capables d'exécuter des merveilles magiques. Tout le secret réside dans la connaissance des éléments apparentés. " (Pages 283-284).
     " La Magie n'a rien de "surnaturel" ; c'est une Science… ". (Page 294).
     " Schweigger[13] nous fait voir que les plus importantes cérémonies religieuses étaient en relation intime avec la Philosophie Naturelle de l'Antiquité maintenant perdue. Il démontre de la façon la plus détaillée, que dans les temps préhistoriques, la Magie faisait partie des Mystères, et que les grands phénomènes, les prétendus miracles[14] - Païens, Juifs, ou Chrétiens - reposaient en réalité sur la Connaissance Secrète que les Prêtres de l'Antiquité possédaient sur la Physique et toutes les branches de la Chimie ou plutôt de l'Alchimie. " (Page 313).
     " C'est sur la connaissance de la potentialité résidant dans cet esprit qu'était basée l'ancienne Magie Théurgique. " (Page 322).
     " Car tout en étant occulte et inconnue de nos savants qui en contestent la possibilité, la Magie est une Science. Elle est solidement et uniquement établie sur les mystérieuses affinités existant entre les corps organiques et inorganiques, productions visibles des Quatre Règnes, et les puissances invisibles de l'Univers. " (Page 323).
     " La connaissance profonde et étendue des lois de la nature - telle était et telle est la base de la Magie. " (Page 324).
     " La Magie était jadis une Science Universelle, entièrement entre les mains du Prêtre-Savant. Quoique le foyer en fût jalousement gardé dans les sanctuaires, ses rayons illuminaient tout le genre humain. " (Pages 326-327).
     " La Magie Théurgique est la dernière expression de la Science Psychologique Occulte. " (Page 362).
     " Citant Psellus "La Magie formait la dernière partie de la science sacerdotale." " (Page 364).
________________________________________
[1] Les Vol. 1 & 2 des Éditions précédentes sont réunis dans la présente Édition en un seul volume, ceci donnant une Première et une Deuxième Partie. Toutefois, la numérotation des pages reprend à 1 à la Deuxième Partie.
[2] Paracelse (Philippus Theophrastus Aureolus Bombastus von Hohenheim - dit) (1493 - 1541). Père de la Médecine moderne et génie méconnu en son temps et incompris encore dans le nôtre. Féru de Chimie, d'Alchimie, il devient Médecin à l'âge de 22 ans. Il parcourt l'Europe pour continuer de s'instruire, trouver de nouveau médicaments, soigner en tant que chirurgien militaire. Sa conception de la Santé et donc de la Médecine est des plus révolutionnaire: il est considéré comme un des pères de la médecine expérimentale, de la médecine professionnelle, de la médecine psychosomatique et de la toxicologie. Sa philosophie est celle des Néo-Platoniciens et se fondait sur la nécessaire harmonie entre le microcosme (le corps humain) et le macrocosme (la Nature, le Cosmos). Il tenait compte des " corps subtils " dont mention publique ne commença à être faite qu'à la fin du XIXe siècle dans les écrits théosophiques.
[3]  Jamblique (Iamblicos)- (242 -325). Philosophe Grec appartenant à l'École Néo-Platonicienne fondée par Ammonios Saccas à Alexandrie d'Égypte au IIIe siècle de notre ère. Il fut le troisième Maître de cette École installée aussi à Rome dirigée par Porphyre, ce dernier ayant été le disciple de Plotin. La Philosophie de cette École issue des enseignements de Platon - fondés sur le Pythagorisme- rayonna dans tout le Bassin Méditerranéen aux premiers siècles ap. J.-C. Il fut le fondateur de l'École de Théurgie, suivant en cela Ammonios Saccas.
[4] Voir note précédente. Ammonios Saccas (175-242). Philosophe Grec d'Alexandrie d'Égypte. Fondateur de la deuxième École Néo-Platonicienne ou École d'Alexandrie. Il touche le cœur du Néo-Platonisme, la résurgence de l'École du Maître (Platon), celle-ci ayant été nourrie de Pythagorisme. Il professait un système philosophique tendant à réunir et à comparer tous les systèmes philosophiques et religieux connus dans le monde afin d'en dégager les similitudes et de démontrer qu'une Seule Essence Divine était à l'origine de tout système de pensée métaphysique ou de croyances religieuses et que c'était vers cette Unité Suprême que devaient tendre toutes les investigations et les efforts des êtres humains. On peut penser que sa devise, fondée sur une sincère quête de la Vérité, fut à l'origine de l'appellation de son École " des Philalèthes ", ce qui, en grec, signifie, " des amoureux de la Vérité ". Ceci n'est pas sans rappeler la devise (des Maharadjas de Bénarès) qu'adopta Helena Blavastky : " Il n'y a pas de religion supérieure à la Vérité. " - Porphyre (234-305?) : Tyrien hellenisé, Philosophe néoplatonicien, disciple de Plotin, auteur d'une Vie de Plotin. Il fut l'instigateur du rayonnement du Néo-Platonisme dans tout le Bassin Méditerranéen - Plotin (205-270) : Philosophe Grec, disciple d'Ammonios Saccas, auteur des Ennéades. Il fut le premier Maître de l'École Néo-Platonicienne de Rome.
[5] Maïmonides(Moshe ben Maimon) - (1138-1204) : médecin, philosophe, commentateur de la Mishna et chef de la Communauté  des Juifs d'Égypte. Sa pensée et ses analyses de la Loi et l'Éthiques juives influencèrent le monde non juif et fut reconnu - et reste encore - comme l'une des plus grandes figures du Judaïsme.
[6] Pline l'Ancien (Caius Plinius Secundus) - (23 -79) : Écrivain et Naturaliste romain, auteur d'un monumentale encyclopédie Histoire Naturelle (37 volumes) qui fut longtemps la référence en matière des connaissances scientifiques et techniques. Oncle paternel de Pline le Jeune, écrivain et homme politique romain.
[7] Appolonios de Thyane ( ? - 97). Philosophe Grec Néo-Pythagoricien. Reconnu comme un des plus grands Mages connus de tous les temps. Médecin au Temple d'Asclépios, il partit en Asie pour atteindre les hauteurs himalayennes et s'instruire dans le cœur-même de la Philosophie Hermétique la plus secrète et préservée au monde. Revenu en Asie Mineure, en Grèce, à Rome et en Égypte, il soigna, prédit, et impressionna son époque (il fut " le passage d'un Dieu parmi les hommes " selon Mario Meunier, son biographe). Nul ne sait exactement quand il mourut et s'il mourut, comme le dit clairement H. Blavatsky… Il illustra avec splendeur, par son mode de vie et ses actes, toute la Théorie et surtout l'application pratique de ce qu'enseignait dans le secret de ses Temples la Sagesse Antique. Dans ce Ier siècle de notre ère où, pour cette Connaissance Secrète, allaient suivre tant de bouleversements, avec des conséquence si tragiques pour les siècles à venir, il fut le parangon lumineux du Paganisme.
[8]  Hargrave Jennings (1817-1890) : Écrivain sur l'Occultisme et les Religions comparées. Il a développé la Théorie du Phallisme, origine, selon lui, de toutes les Religions.
[9] The Rosicrucians - Hargrave Jennings.
[10]  Sir Edward Bulwer-Lytton (1803-1873). Homme politique et romancier britannique, auteur de romans initiatiques de grande renommée : Les Derniers Jours de Pompéi, Rienzi, Zanoni, le Maître Rose+Croix, La race à venir... celle qui nous exterminera.
[11] Giambattista della Porta (1535-1645). Physicien, opticien et alchimiste italien. Enfant prodige, il rédigea alors qu'il avait à peine 15 ans son œuvre la plus connue La Magie Naturelle. Il fonda l'Académie des Secrets que le Pape Paul III, soupçonnant des pratiques magiques, supprima. Ses connaissances en Optique étaient telles qu'il est considéré comme l'inventeur de la véritable première lunette d'approche. Il fit également des études de cryptologie, science qui lui inspira un livre :  De Furtivis Literarum Notis, vulgo de ziferis.
[12]  Giordano Bruno (1548-1600). Philosophe, savant, poète, mathématicien, graveur, hermétiste et surtout mage, cet Italien fut un véritable aventurier de l'esprit dans une Europe en pleine ébullition philosophique après la découverte, au siècle précédent, du Corpus Herméticum et des textes de la Grèce antique grâce à l'action de Georges Gémisthe Pléthon. Suspecté d'hérésie en 1576, il dut fuir sa ville natale, menant dès ce moment une vie de provocation et d'errance, froc jeté aux orties, sans cesse en lutte avec les autorités soit politiques soit ecclésiastiques, en rébellion ouverte contre le système de pensée et la religion établis. Adepte du système mnémotechnique professé par Raymond Lulle et profondément marqué par la Magie Naturelle de Marcile Ficin et les données de Cornélius Agrippa, il écrivit en 1582 De umbris idearum et Cantus Circaeus , ouvrages qui tracèrent le sillon de toute son œuvre. Il y fait état d'une Magie Solaire très puissante, attachée à l'Égypte via Hermès Trismégiste et affirmant sans détour l'authenticité de la Religion Égyptienne laquelle ne se limitait pas à l'adoration du disque solaire mais qui, sous cet aspect, vénérait l'Origine Créatrice de l'Univers. Ce fut non pas pour sa conception de l'Infini de l'Univers contenant une myriade de Mondes vivants et de son opposition aux concepts d'Aristoteque soutenait l'Église qu'il fut condamné par cette dernière au bûcher ; ce fut essentiellement pour trois raisons : 1 - par sa remise en cause de l'authenticité des fondements du Christianisme ; 2 -  parce qu'il fut soupçonné de vouloir renverser l'Église romaine, manu militari, avec le concours des troupes d'Henri IV ; 3 - parce qu'il pratiquait la Magie.
[13]  August Friedrich Schweigger (1783-1821). Médecin et Naturaliste allemand. (Ne pas le confondre avec son frère, Johan Salomon Schweigger -1779-1857, Physicien, ni avec son neveu, Karl Ernst Theodor Schweigger -1830-1905, Médecin).
[14] Schweigger. - Introduction à la Mythologie par l'Histoire Naturelle.

    
     
Extraits d'ISIS DÉVOILÉE
Édition Adyar 1992 - Volume 1 - Science - 2e Partie [1]

amblique, le grand Théurgiste de l'École Néo-Platonicienne, homme versé dans la Magie Sacrée, enseigne que les 'bons daemons nous apparaissent en réalité, tandis que les mauvais ne peuvent se manifester que sous la forme nébuleuse de fantômes'. Dans un autre passage, il confirme le dire de Porphyre, et il nous dit que... les bons ne craignent pas la lumière, tandis que les mauvais ont besoin de ténèbres... Les sensations qu'ils provoquent en nous, nous font croire à la présence et à la réalité des choses qu'ils montrent, bien que ces choses n'existent pas [2]. "
" Les Théurgistes les plus expérimentés trouvaient parfois du danger dans leurs rapports avec certains élémentaires, et Jamblique déclare que " les Dieux, les Anges et les Daemons, aussi bien que les Âmes peuvent être appelés par l'évocation et la prière... Mais prenez garde lorsqu'une erreur est commise pendant les opérations théurgiques. Ne vous imaginez pas communiquer avec des Divinités Bienfaisantes qui ont répondu à votre fervente prière ; non, car ce sont de mauvais daemons, sous le masque de bons ! En effet, les élémentaires se présentent souvent sous l'apparence de bons esprits, et ils s'arrogent un rang bien supérieur à celui qu'ils occupent réellement. Leurs vantardises les trahissent."[3] " (Pages 49-50).
     " Nous pourrions douter, à la rigueur, du pouvoir magique des Prêtres de la Thessalie […] et oublier ainsi que la Magie est la Connaissance la plus haute de la Philosophie Naturelle. " (Page 87).
     " Les Chaldéens, que Cicéron compte parmi les plus anciens Magiciens, plaçaient le fondement de toute la magie dans les pouvoirs internes de l'âme de l'homme, et dans la connaissance des propriétés magiques existant dans les plantes, les minéraux et les animaux. " (Page 193).
     " Jadis, quand les prophètes n'étaient pas traités en charlatans, ni les thaumaturges en imposteurs, il y avait des collèges institués pour enseigner l'art de prophétiser, et les sciences occultes en général. Samuel est représenté comme le chef d'une institution de ce genre à Ramah ; Elisée de même à Jéricho. Les écoles de Hazim, prophètes ou voyants, étaient célèbres dans toute la contrée. Hillel avait une académie régulière, et l'on sait bien que Socrate envoya plusieurs de ses disciples étudier le manticisme. L'étude de la Magie, ou Sagesse, comprenait toutes les branches de la Science Métaphysique aussi bien que Physique, la Psychologie et la Physiologie dans leurs phases communes et occultes, et l'étude de l'Alchimie était universelle, car c'était en même temps une Science physique et spirituelle. " (Page 221).
     " Citant Lucien[4]  : "Démocrite[5] ne croyait pas aux miracles... il s'appliqua à découvrir le procédé par lequel les Théurges en opéraient ; en un mot, sa philosophie le conduisit à la conclusion que la Magie était entièrement confinée à l'application et à l'imitation des Lois et des Œuvres de la Nature". " ( Page 255).
     [Chez les Égyptiens ] " Le temple était l'école de la Civilisation la plus élevée, et seul il possédait les notions les plus hautes de la Magie, qui, elle-même, était la quintessence de la Philosophie Naturelle. Les puissances occultes de la nature étaient enseignées dans le plus grand secret, et les cules les plus merveilleuses étaient opérées pendant les Mystères. " ( Page 278).
     " La métallurgie et la chimie, telles qu'elles étaient pratiquées alors [en Égypte], étaient connues sous la dénomination d'alchimie, et formaient la base de la Magie préhistorique. " ( Page 290).
     " La Grèce, "le dernier berceau des Arts et des Sciences" et l'Inde, berceau des Religions, furent et sont encore adonnées à cette étude et à ses pratiques [de la Magie], et qui se hasardera à nier sa dignité comme étude, et sa profondeur comme science ? " ( Page 310).
________________________________________
[1] Les Vol. 1 & 2 des Éditions précédentes sont réunis dans la présente Édition en un seul volume, ceci donnant une Première et une Deuxième Partie. Toutefois, la numérotation des pages reprend à 1 à la Deuxième Partie.
[2] Jamblique, De Mysteriis Egyptorum, II, 4-10.
[3] Jamblique, De Mysteriis Egyptorum, II, 10.
[4] Lucien de Samosaste (120-180). Rhéteur, satiriste de Syrie écrivant en Grec. Il fit un songe qu'il écrivit (" le Songe ") qui détermina sa carrière littéraire. Voyageant de Syrie en Grèce puis à Rome et en Gaule, il devint célèbre par ses ouvrages (plus de 80 répertoriés) dont les Dialogues des Dieux et Dialogues des morts.
[5] Démocrite d'Abdère (vers 470 av.J.-C. - vers 366 av. J.-C.). Philosophe Grec d'Asie Mineure. Il apprit, selon Diogène Laërce, la Théologie et l'Astronomie auprès des Mages perses, et la Géométrie auprès des Prêtres d'Égypte. Il aurait voyagé en Inde, en Éthiopie et en Babylonie. Pythagoricien quant à sa conception métaphysique du Monde, sa Théorie des Atomes (tout dans l'Univers est soit " atomes " soit " vide ") a été interprétée comme fondement d'une Philosophie Matérialisme athée. Or le concept pythagoricien de la " matière " ne se restreint pas à la matière du monde dense qui est le nôtre ; il s'agit de toute la Matière Cosmique, dans ses 7 états de différenciation (les Sept Plans Cosmique), Matière qui est aussi appelée Substance Universelle. Telle était aussi la pensée de Démocrite.
    
     
Extraits d'ISIS DÉVOILÉE
Édition Adyar 1992 - Volume 2 - Théologie - 1ère Partie
ù trouverons-nous dans les annales de la Magie européenne, de plus habiles Magiciens que dans les mystérieuses solitudes des cloîtres ? Albert le Grand[1], le célèbre évêque et magicien de Ratisbonne, n'a jamais été surpassé dans son art. […] tandis que les confédérations de Théosophes étaient largement répandues en Allemagne, où elles prirent naissance, s'aidant les unes les autres, et luttant pendant des années pour acquérir les connaissances ésotériques, quiconque parvenait à devenir le disciple favori de certains moines pouvait très bien se voir promptement initié à toutes les branches importantes de la Connaissance Occulte. " (Page 29).
     " Tout cela fait partie de l'histoire et ne peut être nié. La Magie, sous tous ses aspects, était largement et ouvertement pratiquée par le clergé jusqu'à la Réforme. Et même celui auquel on donna jadis le nom de "Père de la Réformation", le célèbre John Reuchlin, auteur du Monde Merveilleux et ami de Pic de la Mirandole, le maître et l'instructeur d'Erasme, de Luther et de Melanchton, était Cabaliste et Occultiste. " (Page 29).
     " L'étude de l'alchimie et de la magie s'était développée, au moment de la Réforme, parmi le clergé, au point de créer un grand scandale. […] On arrêta sous l'accusation de sorcellerie, pendant le règne d'Henri VIII, un prêtre, nommé William Stapleton, et le récit de ses aventures est encore conservé dans les annales de la Rolls House. Le prêtre sicilien que Benvenuto Cellini taxe de nécromancien devint célèbre par ses évocations, couronnées de succès et ne fut jamais inquiété.  […]
" Dans les dernières années du XVIe siècle, il n'y avait presque pas de Paroisse dans laquelle les Prêtres ne s'adonnaient pas à l'étude de la Magie et de l'Alchimie.  […] Les exorcismes pour chasser les démons […] amena le clergé à faire usage ouvertement de la Magie 'Sacrée' par opposition à la magie noire, crime dont on accusait tous ceux qui n'étaient ni Prêtres ni Moines. […] "
"  Les Connaissances Occultes, jadis glanées par l'Église Romaine dans les champs naguère fertiles de la Théurgie, Connaissances qu'elle conservait pour son usage personnel, n'envoyant au bûcher que les praticiens qui 'braconnaient' sur ses terres gardées de la Scientia Scientiarum[2], et dont les péchés ne pouvaient être cachés sous le froc monacal. " Pages 69-70).
     " Si, maintenant, nous parvenons à prouver - et nous pouvons le faire sur l'autorité de la Cabale et des plus anciennes Traditions de la Religion-Sagesse, la Philosophie des Sanctuaires de l'Antiquité - que tous les Dieux, soit zoroastriens, soit Védiques ne sont que la personnification des pouvoirs occultes de la nature, les serviteurs fidèles des Adeptes de la Sagesse Occulte - la Magie - nous sommes sur un terrain solide. " ( Page 163).
     " Les accusations contre Jésus, de pratiquer la Magie Égyptienne, étaient nombreuses et, à un moment donné, universelles dans les villes où il était connu.  […] Saint Augustin affirme que l'opinion générale était qu'il [Jésus] avait été initié en Égypte et qu'il écrivit des livres traitant de la Magie, qu'il transmit à Saint Jean. Il y avait un ouvrage intitulé Magia Jesu Christi, qui était attribué à Jésus lui-même. Dans les Clementini Recognitiones, Jésus est accusé de ne pas avoir accompli ses miracles comme prophète juif, mais comme Magicien, c'est-à-dire comme Initié des temples 'païens' ". ( Pages 168-169).
    
________________________________________
[1] Albert le Grand (Albrecht von Böllstadt) - (vers 1200 - 1280). Moine dominicain allemand. Il fut à la fois philosophe, théologien, naturaliste, chimiste, mage, alchimiste. Professeur de renom et maître de Thomas d'Aquin, il introduisit dans les Universités européennes les Sciences grecques et arabes. Il fut appelé " le Grand " de son vivant. Le célèbre ouvrage de Magie, Le Grand Albert, n'est pas de lui, ce mythe s'étant créé au XIXe siècle.
[2] Scientia Scientiarum = Sciences des Sciences.

    
     
Extraits d'ISIS DÉVOILÉE
Édition Adyar 1992 - Volume 2 -Théologie - 2e Partie [1]

a construction du Temple de Salomon est la représentation symbolique de l'acquisition graduelle de la Sagesse Secrète, autrement dit, la Magie … […] Dans tous les pays orientaux, où on étudie la Magie ou la Religion de Sagesse, les pratiquants et les élèves, sont connus dans leur école comme des Constructeurs - car ils édifient le Temple de la connaissance, ou de la Science Occulte. " ( Page 54).
     " (Citant Paracelse : "Si vous voulez savoir ce qu'est réellement la Magie, cherchez-le dans l'Apocalypse de Saint Jean...". " ( Page 170).
     " La magie avait toujours été considérée, dans les anciens temps, comme une science divine, comme la sagesse et la connaissance de Dieu. L'art de guérir, dans les temples d'Esculape, d'Égypte et d'Orient avait toujours été magique. " ( Page 172).
     " La Magie en tant que Science, est la Connaissance de ces principes, et de la manière dont l'omniscience et l'omnipotence de l'Esprit et son contrôle sur les forces de la Nature peuvent être acquises par l'individu tandis qu'il réside encore dans le corps. En tant qu'Art, la Magie est l'application pratique de cette Connaissance. Les connaissances secrètes mal employées constituent la sorcellerie ; utilisées pour le bien elles sont la Véritable Magie ou la Sagesse. " ( Page 264).
     " La pierre d'angle de la Magie est la connaissance intime et pratique du magnétisme et de l'électricité, leurs qualités, leurs  corrélations et leurs potentialités […] La Magie est la Sagesse Spirituelle ; la Nature est l'alliée matérielle, l'élève et la servante du Magicien. " ( Page 266).
     " Le magnétisme est l'A.B.C. de la Magie. Il est oiseux de chercher à comprendre la théorie ou la pratique de la Magie avant de connaître le principe fondamental des attractions et des répulsions magnétiques à travers la nature. " ( Page 288).
     " La Trinité de la Nature est la serrure de la Magie ; la Trinité de l'homme est la clé qui s'y adapte. " ( Page 315).
________________________________________
[1] Les Vol. 1 & 2 des Éditions précédentes sont réunis dans la présente Édition en un seul volume, ceci donnant une Première et une Deuxième Partie. Toutefois, la numérotation des pages reprend à 1 à la Deuxième Partie.
    
     
Extraits de LA DOCTRINE SECRÈTE [1]

n m'a commandé de faire une rapide esquisse de ce qu'on savait effectivement en histoire et en littérature, dans les classiques comme dans les histoires sacrées ou profanes, pendant les 500 ans qui précédèrent l'ère Chrétienne et les 500 ans qui suivirent de la Magie, d'une Doctrine Secrète universellement connue des Philosophes et des Initiés de tous pays et même de plusieurs des Pères de l'Église comme Clément d'Alexandrie, Origène et d'autres, qui avaient eux-mêmes été Initiés. " (I - Page XXVIII).
     " Telles, par exemple, les œuvres de Lao-tseu, prédécesseur de Confucius. On dit, en effet, qu'il écrivit 930 livres sur l'éthique et les religions, et 70 sur la Magie, mille, au total. " (I - Page LIV).
     " Nous décrirons la décadence des Mystères, décadence après laquelle on commença à effacer systématiquement et à faire ensuite disparaître complètement de la mémoire des hommes la nature réelle de l'Initiation et de la Science Sacrée. À partir de cette époque, ses enseignements devinrent Occultes, et la Magie ne navigua que trop souvent sous les couleurs vénérables, mais souvent trompeuses, de la Philosophie Hermétique. De même que le Vrai Occultisme avait prévalu, chez les Mystiques, durant les siècles qui précédèrent notre ère, ainsi, la Magie, ou plutôt la Sorcellerie, avec ses Arts Occultes, suivit la naissance du Christianisme. " (I - Page LXIX).
     " Le symbole ésotérique du Kali Yuga est l'étoile à cinq branches renversée - le signe de la sorcellerie humaine - avec ses deux pointes (cornes) tournées vers le ciel, position que tout occultiste reconnaîtra comme appartenant à la Magie de "la main gauche", et employée en magie cérémonielle. " (I - Page LXXXII).
     " Nous décrirons la décadence des Mystères, décadence après laquelle on commença à effacer systématiquement et à faire ensuite disparaître complètement de la mémoire des hommes la nature réelle de l'Initiation et de la Science Sacrée. A partir de cette époque, ses enseignements devinrent Occultes, et la Magie ne navigua que trop souvent sous les couleurs vénérables, mais souvent trompeuses, de la Philosophie Hermétique. " (I - Page 70).
     " La Mahâ Vidyâ, grande connaissance (Magie) maintenant dégénérée en culte Tântrique. (I - Page 274)
     " Une chose est certaine ; la connaissance de ces causes premières et celle de l'essence primaire de chaque Élément, de ses Vies, de leurs fonctions, de leurs propriétés et des conditions dans lesquels elles se modifient - constituent la base de la Magie. " (I - Page 383).
     " Toute la Magie des anciens prêtres consistait, à cette époque, à s'adresser à leurs Dieux dans leurs propres langues.  Le langage des hommes de la Terre ne peut atteindre les Seigneurs. Il faut s'adresser à chacun d'eux en employant le langage de son Elément respectif. "
" Ainsi s'exprime le Livre des Lois, en se servant d'une phrase qu'on montrera lourde de sens, et en ajoutant en guise d'explication sur la nature de ce langage des Éléments : " Il est composé de SONS et non pas de mots ; de sons, de nombres et de formes. Celui qui sait mêler les trois ensemble attirera la réponse du Pouvoir dirigeant [le Dieu-Régent de l'Élément spécial dont on a besoin]" ".[2] (II - Page 202).
     " La Bible, depuis la Genèse jusqu'à l'Apocalypse, n'est qu'une série d'archives historiques de la grande lutte entre la Magie Blanche et la Magie Noire ; entre les Adeptes de la Voie de Droite, les Prophètes, et ceux de la Voie de Gauche, les Lévites, le Clergé des masses brutales. Les étudiants de l'Occultisme, bien que certains d'entre eux puissent se baser sur un plus grand nombre de manuscrits archaïques et sur un enseignement direct éprouvent eux-mêmes de la difficulté à tirer une ligne de démarcation entre les Affiliés de la Voie de Droite et ceux de Gauche. "
" Le grand schisme qui divisa les fils de la Quatrième Race[3], dès que les premiers Temples et les premières Salles d'Initiation eurent été érigés sous la direction des 'Fils de Dieu', est allégorisé par les Fils de Jacob. Ce qui prouve qu'il y avait deux Écoles de Magie et que les Lévites orthodoxes n'appartenaient pas à celle des deux qui était sainte, ce sont les paroles prononcées par Jacob mourant. " (III - Pages 263-264).
     […] " le mot 'Magie' signifiait encore au temps jadis, la grande Science de la Sagesse… ". (III - Page 401).
     " Et pourtant, si l'on ne tient pas compte de l'évidence des faits, des traditions conservées par l'Histoire et des anathèmes incessants que l'Église lance contre la "Magie Noire" et les Magiciens de race maudite de Caïn, nos efforts paraîtront en vérité bien mesquins. "
" Alors que depuis près de deux milliers d'années un groupe d'hommes n'a jamais cessé d'élever la voix contre la Magie Noire, la conclusion irréfutable devrait être que si la Magie Noire est un fait réel, sa contrepartie - la Magie Blanche - doit exister quelque part. Il ne pourrait exister de fausses pièces d'argent s'il n'y en avait pas de véritables. La Nature est double dans tout ce qu'elle entreprend et cette persécution ecclésiastique aurait dû, à elle seule, ouvrir depuis longtemps les yeux du public. " (V - Pages 20-21).
      " Tous ces textes universellement vénérés dans l'Antiquité, découverts dans les bibliothèques secrètes de tous les temples, étudiés (sinon toujours compris) par les plus grands hommes d'État, des auteurs classiques, des philosophes, des rois et des laïques, tout autant que par des Sages renommés - qu'étaient-ils ? Purement et simplement des traités de Magie et d'Occultisme… " (V - Page 46).
     " Pythagore divisait ses classes en auditeurs de conférences exotériques et ésotériques. Les Mages étaient instruits et initiés dans les cavernes les plus cachées de Bactres. " (V - Page 53).
     " Le Symbolisme des nombres et des rapports mathématiques qu'ils ont entre eux constitue aussi une des branches de la Magie, particulièrement de la Magie mentale, de la divination et de la perception clairvoyante correcte. " (V - Page 111).
     " Néanmoins, la Magie est si bien mêlée à l'histoire du monde, que s'il y a jamais lieu d'écrire cette dernière, il faudra la baser sur les découvertes de l'Archéologie et de l'Égyptologie, ainsi que sur les écrits et les instructions hiératiques ; si l'on insiste pour la débarrasser de cette 'superstition des âges', elle ne verra jamais le jour. On peut se faire une idée de la situation embarrassante où se trouvent les Égyptologues et les Assyriologues sérieux, savants et académiciens. "
" Obligés de traduire et d'interpréter les antiques papyrus et les inscriptions archaïques des stèles et des cylindres de Babylone, ils se trouvent forcés, du premier au dernier, d'aborder le sujet désagréable, et pour eux répulsif, de la Magie, avec ses incantations et son attirail. " (V - Pages 282-283).
     " Jamblique nous apprend que Pythagore  fut initié à tous les Mystères de Byblos et de Tyr, aux opérations sacrées des Syriens et à tous les Mystères des Phéniciens " (V - Page 309).
     " L'École Néo-Platonicienne d'Alexandrie, fondée par Ammonius - prototype de la Société Théosophique - enseignait la Théurgie et la Magie, autant qu'elles l'étaient à l'époque de Pythagore et par d'autres bien avant. " (V - Page 340).
     " Ainsi, sous le titre de Magie, on enseignait toutes les Sciences, physiques et métaphysiques, naturelles ou considérées comme surnaturelles par ceux qui ignorent l'omniprésence et l'universalité de la Nature. " (V - Page 342).
" Magie, Magia, veut dire, dans son sens spirituel secret, la "Grande Vie" ou vie divine en esprit. Sa racine est magh, comme l'indique le sanscrit mahat, le zend maz, le grec mégas et le latin magnus, mots qui, tous, signifient "grand". " (Note 237 de VI - page 168).
      " Ce qui était alors appelé Magie, nous le nommons maintenant Théosophie, ou Sagesse divine, Pouvoir et Connaissance. " (VI - Page 175).
     " La Magie a sa source et sa base dans l'Esprit et dans la Pensée, que ce soit sur le plan purement divin ou sur le plan terrestre. " (VI - Page 175).
     " Or Jamblique nous enseigne comment doit être effectuée cette union de notre Âme Supérieure avec l'Âme Universelle, avec les Dieux. […] Par la Théurgie ou le Raja Yoga, l'homme atteint […] la Domination sur les démons inférieurs dépourvus de sens (les Elémentals), grâce à la nature même de nos Egos purifiés. Mais cela exige la purification complète de ceux-ci. Et il appelle cela la Magie par l'Initiation à la Théurgie. " ( VI- Page 178).
________________________________________
[1] En référence : le chiffre latin représente le numéro du volume, et les nombres arabes la page, excepté pour l'Introduction du volume I ou la numérotation se fait en caractères latins.
[2] Voir La Clé de la Véritable Kabbale - Franz Bardon - Éd. Moryason.
[3] La Quatrième Race : La Race Atlantéenne.

Extraits de
LA CLÉ DE LA THÉOSOPHIE
es disciples directs d'Ammonius Saccas, qui fut appelé Theodidactos, "enseigné par les dieux" - de même que Plotin et son disciple Porphyre - rejetaient d'abord la théurgie, mais finalement ils y furent amenés par Jamblique qui écrivit dans ce but un ouvrage ayant pour titre : De Mysterüs, sous le nom de son maître, un célèbre Prêtre Égyptien, nommé Abammon. "  (Page 12).
     " Qu'on sache donc que les recherches particulières sont encouragées dans la Société Théosophique, pourvu qu'elles ne franchissent pas les limites séparant l'exotérisme de l'ésotérisme, la Magie aveugle de la Magie consciente. " (Page 31).
Extraits du
GLOSSAIRE THÉOSOPHIQUE
     ASHTAR VIDYA (sans.). Le plus ancien des ouvrages hindous sur la Magie.
     JAMBLIQUE (gr.). Grand Théurge, mystique et écrivain des 3e et 4e siècles, Néo-platonicien et philosophe, né à Chalcis en Coelésyrie (Syrie Creuse, entre les Monts du Liban, N. d. T.). [….] On peut l'appeler le fondateur de la Magie Théurgique chez les Néo-platoniciens et celui qui avait fait revivre les Mystères pratiques hors des Temples et Sanctuaires.
Tout d'abord, son école fut distincte de celle de Plotin et de Porphyre, fortement adversaires de la Magie Cérémonielle et de la Théurgie Pratique parce que dangereuse, quoique, plus tard, il convainquit Porphyre de sa justification en certains cas, et tous deux, maître et élève, crurent fermement à la Théurgie et à la Magie, dont la première est certainement la façon la plus élevée et la plus efficace de communiquer avec son Égo Supérieur par l'intermédiaire de son propre corps astral.
La Théurgie est une Magie bienveillante, et elle devient goëtique ou sombre et mauvaise seulement quand on en use pour la nécromancie ou à des fins égoïstes; mais une telle Magie ténébreuse n'a jamais été pratiquée par aucun Théurge ou Philosophe dont les noms nous sont parvenus non entachés d'une mauvaise action quelconque. Porphyre (qui devint l'instructeur de Jamblique en philosophie néo-platonicienne) en était tellement convaincu que, quoique ne pratiquant jamais la Théurgie lui-même, il donna cependant des instructions pour l'acquisition de cette Science Sacrée. […]
De plus, le même Porphyre mentionne, dans sa Vie de Plotin, un prêtre d'Égypte qui 'à la demande d'un certain ami de Plotin lui fit voir dans le Temple d'Isis à Rome, le daimon familier de ce philosophe'. En d'autres termes, il fit l'Évocation Théurgique (voir "Théurge") par laquelle l'Hiérophante égyptien ou le Mahâtma indien d'autrefois, pouvait recouvrir, son propre double astral, ou celui d'une autre personne, de l'apparition de son Ego Supérieur, ou ce que Bulwer Lytton appelle le " Soi Lumineux ", l' " Augoeidès ", et s'entretenir familièrement avec Lui.
     MACHAGISTIA. La Magie telle qu'autrefois on l'enseignait en Perse et en Chaldée ; elle passa d'un niveau de pratiques occultes à celui d'un magisme religieux. Platon, parlant du Machagistia ou Magisme, observe qu'il est la forme la plus pure du culte des Choses Divines.
     MAGE, ou Magien. De Mag ou Mahâ. Ce mot est la racine du mot " magicien ". Le Mahâ-âtma (grande âme ou esprit) dans l'Inde possédait ses prêtres aux époques pré-védiques. Les Mages étaient les prêtres du dieu du Feu ; nous les trouvons chez les Assyriens et les Babyloniens ainsi que chez les Perses - ceux qui adorent le feu. Les trois Mages, également désignés du nom de rois, dont on dit qu'ils ont fait des cadeaux d'or, d'encens et de myrrhe à l'enfant Jésus, étaient des adorateurs du feu comme les autres et des astrologues, car ils aperçurent son étoile. Le Grand Prêtre des Parsis, à Surat, est appelé Mobed. D'autres dérivent le nom de Megh ; Meh-ab voulant dire quelque chose de grand et de noble. Selon Kleuker, les disciples de Zoroastre furent appelés Meghestom.
     MAGES (lat.). Nom des antiques prêtres héréditaires et des savants adeptes de Perse et de Médie ; mot qui dérive de Mahâ, grand, lequel plus tard devint mog ou mag, prêtre en pehlvi. Porphyre les décrit (De Abst. iv. 16) comme " les savants qui, chez les Perses, ont pour occupation le service de la Divinité et qu'on appelle Mages "; et Suidas nous apprend que " chez les Perses on appelle Mages les amis de la sagesse (philalethaï). Le Zend Avesta (II., 171, 261.) les divisent en trois degrés :
1.    - les Herbeds ou " Novices " ;
2.    - les Mobeds ou " Maîtres " ;
3.    - les Destur Mobeds ou " Maîtres Parfaits ".
Les Chaldéens possédaient des collèges similaires, ainsi que les Egyptiens : les Destur Mobeds étant identiques aux Hiérophantes des Mystères, tels qu'on les pratiquait en Grèce et en Égypte.
     MAGIE. La grande " Science ". Selon Deveria et d'autres orientalistes, " la Magie était considérée comme une Science Sacrée inséparable de la religion " par les peuples instruits les plus anciens et les plus civilisés. Les Égyptiens, par exemple, furent l'un de ces peuples les plus sincèrement religieux comme l'étaient et le sont encore les Hindous. Selon Platon, " la Magie consiste dans le service des Dieux et on l'acquiert en s'y appliquant. "
     MAGIE BLANCHE (La) ou dite " Magie Bienfaisante " est la Magie Divine, dépourvue d'égoïsme, d'amour du pouvoir, d'ambition ou de lucre ; elle s'applique seulement à faire le bien au monde en général, et à son voisin en particulier. La plus petite tentation en vue d'utiliser ses pouvoirs anormaux pour sa propre satisfaction change l'utilisation des dits pouvoirs en sorcellerie ou magie noire.
     MAGIE NOIRE. Sorcellerie ; nécromancie ou évocation des morts et autres abus égoïstes de pouvoirs anormaux. Cet abus peut être involontaire : cependant c'est encore de la " magie noire " que le fait de produire quoi que ce soit de phénoménal et simplement pour sa satisfaction personnelle.
     MAGICIEN. Cette appellation, autrefois titre de renom et de distinction, en est arrivée à voir sa signification véritable complètement pervertie. Autrefois synonyme de tout ce qui était honorable et respectueux, de celui qui possédait savoir et sagesse, elle a été ravalée au rang d'épithète désignant celui qui est un simulateur et un escamoteur, bref un charlatan ou celui qui a " vendu son âme au diable ", qui mésuse de son savoir et l'emploie à des usages vils et dangereux, si l'on en croit les doctrines du clergé et les dires d'une foule de fous superstitieux qui croient que le magicien est un sorcier et un " Enchanteur ".
Le mot dérive de Magh, Mah, en sanskrit Mahâ - grand ; un homme bien versé dans les connaissances ésotériques.
     THÉURGE. La première École de Théurgie Pratique (de ????, dieu, et ?????, oeuvre), pendant la période chrétienne, fut fondée par Jamblique parmi certains Platoniciens d'Alexandrie. Les Prêtres, cependant, qui étaient attachés aux temples d'Égypte, d'Assyrie, de Babylonie et de Grèce, et dont le travail était d'évoquer les Dieux pendant la célébration des Mystères, étaient connus sous ce nom, ou son équivalent dans d'autres langages, depuis la plus ancienne période archaïque.
>Les Esprits (mais non pas ceux des morts, dont l'évocation était appelée nécromancie) étaient rendus visibles aux yeux des mortels. Ainsi un théurge devait être un hiérophante et un expert en savoir ésotérique des Sanctuaires de tous les grands pays.
Les Néo-Platoniciens de l'École de Jamblique étaient appelés Théurges, car ils exécutaient le soi-disant "cérémonial magique", et évoquaient lessimulacra ou les images des anciens héros, des "dieux", et des daimonia (????????, entités spirituelles divines). Dans les rares cas où la présence de l' "esprit" tangible et visible était requise, le Théurge devait pourvoir l'étrange apparition d'une partie de sa chair et de son sang - il devait exécuter la Théopée, ou la "création de dieux", par un processus mystérieux bien connu des anciens Tântrikas (et peut-être de quelques-uns parmi les modernes) et des Brâhmanes initiés de l'Inde.
Tel est ce qui est dit dans le Livre des Évocations des Pagodes. Cela montre la parfaite identité des rites et du cérémonial entre la plus ancienne Théurgie Brâhmanique et celle des Platoniciens d'Alexandrie.

http://www.moryason.com/fr/05_magie_theosophie/5-7-magie_theosophie.htm

www.apprendreafairedesmiracles.com  www.lesecretdelavie.com  www.apprendrelesecretdelavie com

+ Plus grand | + Plus petit